Témoignage de Nihad, démineur chez HAMAP-Humanitaire

Nihad a passé le baccalauréat mais n’ayant pas les moyens pour continuer il a décidé de devenir charpentier. Il a commencé à travailler en Syrie, puis au Liban et en Turquie, avant de revenir en Syrie. Les conditions de vie étant difficile au début de la révolution syrienne, il a décidé de repartir en Turquie avec sa famille, à la frontière avec la Syrie, d’où il pouvait apercevoir son village natal. Lorsque son village fut libéré, il a décidé de rentrer chez lui.

 Il a alors aidé les Forces Démocratiques Syriennes, puis a été recruté par la société Tetratech, pour laquelle il a travaillé pendant plus de 3 ans. Il a tout d’abord suivi la formation de démineur niveau 1, puis celle de niveau 2. Mais avec les attaques turques, Tetratech décide d’arrêter ses activités au nord-est de la Syrie.

Nihad est alors sans travail pendant plusieurs temps, quand il entend parler d’HAMAP-Humanitaire. Il s’inscrit alors auprès du NESMAC et postule chez HAMAP. Grâce à son expérience dans le domaine du déminage, il passe les entretiens avec succès et suit plusieurs formations avec des démineurs syriens mais également étrangers.

Quelles sont vos missions au quotidien ?

Chaque fin de semaine, je prépare le programme hebdomadaire de la semaine suivante, avec les activités de déminage qui auront lieu. Parfois, je pars avec les équipes sur le terrain mais le plus souvent je reste au bureau, pour le travail administratif : je reçois les rapports des démineurs, NTS, MRE, je fais le rapport de présence et le bilan mensuel de tous ces rapports et je les envoie à la direction des opérations d’HAMAP et au NESMAC.

Votre mission la plus marquante ?

Nous sommes en mission déminage à l’hôpital national de Raqqah. Il y a une roquette PG7 piquée dans le mur au 4ème étage. Le premier jour, les équipes EOD et NTS partent en reconnaissance du terrain. Le jour suivant nous y allons avec tous les équipements et on s’occupe d’enlever la roquette. C’était une mission très périlleuse car l’hôpital est un endroit très grand, avec beaucoup de patients et plusieurs services ainsi que trois ou quatre ONG qui y travaillent. C’est toujours une grande fierté de pouvoir aider des gens grâce à nos actions de dépollution. 

Comment voyez-vous l’évolution d’HAMAP-Humanitaire ?

Nos performances se sont améliorées et peu à peu chacun connaît ses tâches et obligations. Il ne faut pas oublier que le plus important dans le domaine du déminage c’est la sécurité. Jusqu’à présent, nous n’avons eu aucun accident, ce qui signifie que notre travail est réussi. 
Nous sommes contents de ce nouveau projet concernant l’escalade et le déminage subaquatique et nous avons beaucoup profité des formations, c’est nouveau pour nous en tant que staff local ! On espère avoir d’autres projets et d’autres formations pour continuer à dépolluer le nord-est de la Syrie.

Une anecdote sur votre métier de démineur ?

Un jour, nous étions sur le terrain en train de travailler quand un motard est arrivé. Il avait avec lui un engin explosif et voulait nous le remettre. Le garde de terrain a crié pour informer l’équipe. C’était très dangereux. Le motard tenait dans sa main un engin explosif et il ne semblait pas se rendre compte de la gravité de la situation. En effet l’engin risquait d’exploser à tout moment, mais il avait décidé de nous le remettre car il avait entendu que nous travaillons pour lutter contre les engins explosifs. Sa manière de ne pas se rendre compte du danger était à la fois bizarre et drôle.

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