Retour à l’école

En ce 18 mars 2022, les festivités sont à leur comble dans le day care center à l’occasion du Holi, la fête des couleurs. Les filles s’aspergent de poudre colorée, elles dansent et semblent heureuses de pouvoir à nouveau faire la fête après deux ans d’abstinence.

A la sortie de l’école Saint Joseph, les enfants courent et crient, ils sont eux aussi heureux de se retrouver. Leurs cours ont repris avec leurs professeurs et leurs camarades, après deux années durant lesquelles les bancs de l’école sont restés vides. La vie semble reprendre son cours d’avant. Mais les sourires ne gomment pas les difficultés qu’ont à affronter les jeunes filles en Inde.

L’une d’entre elle a sept ans. Elle danse fièrement sans laisser transparaître que sa mère est partie et qu’elle a été délaissée à son père alcoolique. En effet, dans le bidonville, les hommes sont nombreux à être alcooliques et leur maigre salaire partent souvent dans l’achat de bouteilles, dans lesquelles ils noient leurs problèmes de pauvreté, de famille et d’enfants. Une autre fille joue sans inquiétude apparente alors que sa mère est partie subir une opération du cœur. Cette opération se fait à une douzaine d’heures de bus de Mumbai, dans son village natal. Son mari l’a accompagnée, laissant leurs enfants de six et sept ans dans le bidonville. Ces enfants perdus sont souvent soutenus par une grand-mère, qui se substitue au parent déficient, en gagnant quelques roupies grâce au travail qu’elle effectue pour pourvoir s’occuper financièrement des enfants. Parfois, à la nuit tombée, certaines de ces grand-mères se rendent jusqu’aux poubelles pour récupérer ce qui est récupérable, que ce soit de la nourriture ou des objets à revendre. Les interventions de l’équipe de GIFT permettent à ces familles de recevoir des rations alimentaires et de donner une éducation aux enfants.

Enfin, il y a des femmes qui, à 20 ans ou 21 ans, préparent sérieusement leurs examens de 14 standards (l’équivalent de deuxième année d’université) qui se déroulent en mars et en avril.  L’une d’entre elles est débordée. Depuis deux mois, elle a trouvé un job de vendeuse dans un magasin de vêtements. Les 10 000 roupies qu’elle y gagne par mois lui servent à payer le loyer du logis familial et la nourriture pour la survie de ses deux sœurs cadettes. Il lui reste juste de quoi payer ses transports et des rations alimentaires. Sa mère est décédée il y a quelques années. Son père est parti vers une destination inconnue, sans laisser d’adresse.

Pour ces jeunes filles aussi, le soutien moral de l’équipe de GIFT et le soutien financier des parrains et marraines constituent une aide indispensable pour leurs premiers pas dans la vie active. Le day care center devient leur refuge, le seul endroit où elles sont traitées avec dignité et soin, écoutées, nourries, guidées, aidées par l’équipe de GIFT.

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