Interview du chef de section du Programme National de Déminage Humanitaire pour le Développement en Mauritanie

Adjudant-chef Abdawa Abdel Vetah Bowba, chef de section au sein du PNDHD

Adjudant-chef Abdawa Abdel Vetah Bowba est chef de section au sein du Programme National de Déminage Humanitaire pour le Développement, le partenaire local d’HAMAP-Humanitaire en Mauritanie sur le projet qui a pour but d’assurer la sécurité de la population civile grâce au déminage et à l’éducation aux risques des engins explosifs.

Nous lui avons posé quelques questions sur son engagement pour le déminage de son pays ainsi que son travail au quotidien.

Comment veillez-vous à la sécurité des démineurs durant les opérations de déminage ? Quels protocoles ont été mis en place pour faire face à une éventuelle situation d’urgence ?

Je m’assure que les opérations sont menées conformément aux procédures opérationnelles qui ont été conjointement établies par le PNDHD et HAMAP-Humanitaire au démarrage des opérations. Je m’assure également que les équipements de protection individuels sont portés à tout moment et que les distances de sécurité entre les démineurs sont bien respectées durant les opérations. Comme il y a des mines antichars dans cette zone, la distance de sécurité à respecter entre les démineurs est de 50 mètres (25 mètres s’il n’y avait que des mines antipersonnel).

Enfin la présence de deux infirmiers et de deux ambulances sur la zone de déminage garantie une intervention rapide des secours et un transfert immédiat vers l’hôpital en cas d’accident au cours des opérations. Une procédure d’évacuation sanitaire est en place, et les équipes de déminage ont été formées à cette procédure préalablement au démarrage des opérations. Le chef de section s’assure que chaque acteur connait son rôle, notamment en organisant un exercice d’évacuation sanitaire au minimum une fois par mois. Par ailleurs, les ambulanciers ont effectué le repérage de l’itinéraire menant de la zone dangereuse à l’hôpital, afin de perdre le moins de temps possible en cas d’évacuation.

Depuis combien de temps encadrez-vous des opérations de déminage ?

J’ai intégré l’armée mauritanienne en 1998. Je me suis ensuite spécialisé comme artificier en 2000. J’encadre aujourd’hui des opérations de déminage depuis 2011. Je possède la qualification EOD3+, qualification la plus élevée du déminage, et qui permets d’intervenir également sur des engins explosifs improvisés.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans votre travail, qui vous motive à poursuivre ce travail malgré les risques encourus ?

Je suis un fils de mon pays, je fais ce métier pour sauver la vie de mes concitoyens. En tant que membre de l’armée c’est aussi mon devoir de servir mon pays à travers l’encadrement d’opérations de déminage. C’est un travail humanitaire. Même si j’étais dans un autre pays, je continuerais à faire le même métier pour sauver des vies.

Comment les communautés locales perçoivent-elles ce projet de déminage près de la ville de Nouadhibou ? Avaient-elles connaissance de la présence de mines sur la péninsule de Nouadhibou ?

Oui, les communautés locales savent qu’il y a une zone minée près de la ville de Nouadhibou. Néanmoins, les personnes venant d’ailleurs (voyageurs, nomades, pêcheurs) n’ont pas connaissance de l’existence de zones minées dans la région.

Les communautés locales savent qu’un projet de déminage est en cours, car elles voient régulièrement passer les véhicules des démineurs arborant les logos du PNDHD et de HAMAP-Humanitaire. Elles ont également connaissance de l’existence d’un bureau de déminage humanitaire à Nouadhibou.

Le projet est bien perçu et bien accepté par la population. Il n’est pas rare que des habitants expriment leur soutien aux équipes de déminage intervenant dans la zone.

Ce projet est financé par le Centre de Crise et de Soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères

MEAE