Des discussions sur un potentiel projet au Cameroun

Mission au Cameroun – Du 26 janvier au 2 février

Dans la perspective d’étendre son champ d’action dans l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement aux populations dans le besoin, une cheffe de projet d’HAMAP-Humanitaire a effectué une toute première mission au Cameroun du 26 janvier au 2 février en vue de répondre aux problématiques de l’accès à l’eau au sein du pays.

 

La situation actuelle au Cameroun sur l’accès à l’eau et l’assainissement

En effet, le Cameroun dispose de ressources en eau variées, mais le partage de cette ressource hydrique est réalisé de manière inégalitaire notamment entre le milieu urbain et rural. Malgré des potentialités très importantes, la qualité des eaux reste une préoccupation majeure et les eaux souterraines sont difficilement mobilisables dans la plupart des régions. De plus, le pays fait face à l’occurrence d’inondations et de sècheresses marqueurs du changement climatique

Cette situation sur l’accès à une eau potable laisse globalement la population dans un délaissement de toute planification réelle. Quant à l’assainissement, les quelques ouvrages collectifs dans les grandes villes fonctionnent difficilement en l’absence d’un système d’exploitation performant. Nous pouvons également mettre en évidence la question centrale de l’analyse et de la qualité de la ressource en eau. En effet si l’on considère que plus de 35% de la population rurale dispose d’un accès à l’eau, la qualité de cette-dernière n’est pas toujours propre à la consommation.

 

La mission

Face à ces réalités et enjeux alarmants, cette mission menée par la cheffe de projet EAH d’HAMAP-Humanitaire a permis de faire un état des lieux sur les potentielles issues pour venir en aide aux populations affectées par cette situation.

Un premier échange fut initié avec un projet de l’association Cultude : l’association Mapubi, basée à Edéa,  est un centre spécialisé dans des activités culturelles, sportives et éducatives. Le but était d’élaborer un diagnostic organisationnel de la structure pour ensuite envisager comment les tâches liées à la coordination globale et locale du projet seront réparties, et d’amorcer les discussions concernant les activités de renforcement de capacités qui pourraient être mises en place.

La deuxième phase de cette mission fut consacrée à la visite des zones ciblées par le projet dans la commune de Massock Songloulou (Songmbengué, Kahn, Onna, Pendjock) pour faire un état des lieux de la situation avant la contractualisation avec le bureau d’étude pour évaluer les réponses apportée aux problématiques d’eau et d’assainissement. L’objectif était de dimensionner le périmètre du potentiel projet à venir. De là, plusieurs problématiques ont été relevées. Par exemple des villages disposent d’une vingtaine de pompes à motricité humaine (PMH), mais l’eau n’y est pas potable. Les populations préfèrent donc consommer l’eau de la rivière pour la boisson, et l’eau des PMH uniquement pour la cuisine, entraînant des maladies hydriques fréquentes comme la diarrhée ou la salmonellose, notamment chez les enfants.

De plus, le traitement de l’eau ajoute une tâche ménagère aux femmes qui n’ont pas le temps de traiter l’eau en avance, générant la question de genre dans l’accès à l’eau potable dans la zone. D’autres problématiques sont présentes dans d’autres zones comme le village d’Ohnna qui compte un seul point d’eau (PMH) pour environ 400 personnes, ou encore Pendjock, un village dans lequel l’école n’a pas accès à l’eau et ne dispose pas de latrines.

La dernière étape de cette mission consistait à rencontrer plusieurs acteurs institutionnels, notamment la déléguée départementale de l’eau, mais aussi d’autres ONG du secteur, comme l’alliance pour la maîtrise de l’eau, l’Association pour la Solidarité et le Développement Durable (AS2D) et Demain Avenir. Des échanges avec d’autres ONG du secteur pour un éventuel consortium comme l’ONG Demain Avenir, l’AS2D (Association de la solidarité et de Développement durable) furent effectués également.

Cette mission a permis de percevoir qu’initier un projet d’accès à l’eau et l’assainissement au Cameroun sera porteur de potentialités de partenariats avec plusieurs ONG et organes compétents et permettre un renforcement mutuel de compétence. Ainsi, pour la réalisation du projet à venir, suite aux échanges avec les acteurs du secteur, et face au constant d’une implication très importante des communautés face à une présence plus mitigée des autorités, une réflexion importante sur l’inclusion des parties prenantes sera à apporter au projet.