Contexte international et recommandations récentes

Le 18 février dernier, les ministres de la Défense de quatre pays européens ont recommandé d’abandonner la Convention d’Ottawa afin de pouvoir, dans un contexte international instable, recourir aux mines terrestres et aux armes à sous-munitions face à la menace que représente leur voisin russe.

Utilisation des mines terrestres : une efficacité contestée

Selon une étude menée par le Comité International de la Croix-Rouge sur 26 conflits entre 1940 et 1996, l’utilisation des mines terrestres présente une valeur militaire limitée.

Principaux constats de l’étude

  • Impact militaire jugé faible dans de nombreux conflits
  • Effets durables sur les zones de combat
  • Difficulté de contrôle et de neutralisation après usage

Des armes aux conséquences humanitaires majeures

L’utilisation de ces armes est interdite dans la majeure partie du monde en raison de leur impact humanitaire désastreux et des dangers qu’elles représentent pour les populations sur plusieurs générations.

Impacts sur les populations civiles

  • Risque élevé de mutilations et de décès
  • Présence persistante d’engins explosifs dans les zones civiles
  • Victimes majoritairement civiles, souvent des enfants

Conséquences socio-économiques

  • Blocage des activités agricoles
  • Frein au développement économique local
  • Impact négatif sur l’éducation et la mobilité des populations
  • Insécurité durable dans les zones contaminées

Position humanitaire

« Les conséquences à long terme de ce type de munition sont catastrophiques, les engins explosifs peuvent tuer et mutiler pendant des dizaines d’années. Ce sont à 80% des civils qui sont touchés et en grande majorité, des enfants. Ces armes innommables empêchent toute activité économique, condamnent l’agriculture, l’éducation et mettent en péril la sécurité des populations, des enfants surtout, pendant des années et des années », rappelle Martine Gernez, présidente de HAMAP-Humanitaire.

Engagement de HAMAP-Humanitaire

Depuis 1999, année du traité d’Ottawa, HAMAP-Humanitaire agit dans deux axes principaux :

Sensibilisation

  • Information des populations sur les risques liés aux engins explosifs
  • Programmes de prévention et d’éducation aux dangers

Déminage et sécurisation des terres

  • Identification et neutralisation des zones contaminées
  • Restitution des terres aux populations locales en toute sécurité
  • Réhabilitation des espaces pour l’agriculture et les activités quotidiennes

Une inquiétude face à un possible recul

Pour l’ONG, un retour en arrière sur l’interdiction des mines terrestres représenterait une régression majeure en matière de droit humanitaire international, en particulier en Europe, où les engagements en faveur de la protection des civils ont longtemps été un pilier des politiques de défense.