Action contre les mines en Syrie
Éducation aux risques, enquêtes non techniques et dépollution, avec le renforcement des équipes syriennes de déminage.
Chiffres clés
LA SITUATION
EN SYRIEContamination, victimes et cadre international
La Syrie hérite de l'une des crises humanitaires les plus complexes au monde, fruit de plus de 13 années d'un conflit dévastateur. Selon l'UNOCHA, environ 16,5 millions de Syriens ont encore besoin d'une assistance humanitaire. Depuis la chute du régime Assad, plus de 2 millions de réfugiés sont rentrés, tandis que plus de 7,4 millions de Syriens demeurent déplacés à l'intérieur du pays. La contamination par les engins explosifs représente l'un des défis les plus urgents pour le relèvement de la Syrie. Selon le Carter Center, environ un million de munitions ont été utilisées au cours du conflit, avec un taux d'échec estimé entre 10 et 30 %. Il en résulte que 15,4 millions de Syriens, soit plus des deux tiers de la population, sont exposés au risque lié aux engins explosifs.
Statut vis-à-vis des traités
La Syrie n'est pas signataire du traité d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnel ni de la Convention d'Oslo sur les armes à sous-munitions. Elle a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CRPD) le 10 juillet 2009.
Contamination
La Syrie est l'un des pays les plus contaminés par les engins explosifs dans le monde, conséquence de plusieurs décennies de conflits armés. La contamination résulte d'abord des guerres israélo-arabes successives depuis 1948, puis surtout de la guerre civile de 2011, au cours de laquelle toutes les parties au conflit ont utilisé massivement mines, sous-munitions, engins explosifs improvisés (EEI) et autres restes explosifs de guerre (REG). L'étendue totale de la contamination reste inconnue, aucune enquête nationale complète n'ayant encore pu être réalisée. La chute du régime Assad fin 2024 a provoqué une recrudescence brutale des accidents, les forces en retraite ayant abandonné d'importants stocks de munitions le long des axes de communication. Les retours massifs de populations déplacées vers des zones contaminées ont multiplié les risques.
Victimes
La Syrie a été le pays comptant le plus grand nombre de victimes d'engins explosifs au monde pendant trois années consécutives (2020-2022), et le deuxième en 2023. En 2024, 1 015 victimes ont été enregistrées. Depuis le début des données enregistrées, 13 953 victimes ont été comptabilisées en Syrie. La prise en charge des victimes reste insuffisante, faute de services de réhabilitation physique et de soutien psychosocial adéquats.
Partenaires locaux
QADAR et RMCO, organisations syriennes de déminage humanitaire dont HAMAP-Humanitaire a renforcé les capacités opérationnelles, en coordination avec les autorités nationales de l'action contre les mines et UNMAS dans le cadre de la Mine Action Area of Responsibility (MA AoR).
Présente en Syrie depuis 2017 : sensibilisation aux risques, enquêtes non techniques, dépollution et formation des équipes locales.
Nos interventions dans le pays
NOTRE ACTION
EN SYRIEDépollution, sensibilisation et renforcement des équipes syriennes
Présente en Syrie depuis 2017, HAMAP-Humanitaire y conduit des opérations d'action contre les mines au profit des populations civiles et des acteurs humanitaires : équipes de sensibilisation aux risques des engins explosifs, enquêtes non techniques, dépollution des zones marquées et déminage d'urgence des voies et installations piégées.
Notre action porte aussi sur les compétences syriennes elles-mêmes.
En savoir plus sur nos interventions
Nous avons déployé équipements et expertise dans le nord du pays, formé des démineurs aux normes internationales de l'action contre les mines, y compris en milieux périlleux, confinés et subaquatiques, et renforcé les capacités opérationnelles d'organisations syriennes de déminage humanitaire.
Idlib, Alep, Deir ez-Zor, Damas Rural et Deraa : anciens fronts de conflit et zones de retour des déplacés.
Nos projets
L'ACTION CONTRE LES MINES EN SYRIECinq projets menés depuis 2017
Projet clôturé
Action contre les mines, phase II
Trois équipes de sensibilisation, enquêtes non techniques, dépollution des zones marquées, formations de spécialisations au déminage en milieux périlleux, confinés et subaquatique. Déminage de l'Euphrate.
Projet clôturé
Déminage d’urgence des voies et installations piégées
Opérations de déminage et de dépollution au profit de la population et des activités prévues par les acteurs humanitaires. Ateliers de sensibilisation aux risques des mines, restes explosifs de guerre et engins explosifs improvisés.
Projet clôturé
Action contre les mines au profit de la population
Mise à disposition de la population et des organisations d'aide humanitaire de trois équipes de sensibilisation aux risques liés aux engins explosifs. Enquêtes non techniques pour banaliser les zones suspectées dangereuses.
Projet clôturé
Réduire la vulnérabilité des populations exposées aux engins explosifs
Formations nécessaires aux équipes locales de déminage pour les qualifier aux normes internationales de l'action contre les mines. Opérations de déminage au profit des populations civiles.
Projet clôturé
Renforcement des capacités locales de déminage
Déploiement dans le nord Syrie des équipements de déminage humanitaire et de l'expertise nécessaire. Renforcement des capacités opérationnelles de l'ONG syrienne RMCO.
Encart technique
Les défis de l'action contre les mines en Syrie : une contamination sans précédent
La contamination est polymorphe : mines conventionnelles russes (PMN-2, POMZ), mais aussi engins artisanaux portant des noms locaux (la règle, le chapelet, la pierre...), omniprésents dans les zones de l'ancien État Islamique. Les données disponibles des opérateurs montrent que la quasi-totalité des mines antipersonnel découvertes dans le nord-est de la Syrie sont d'origine artisanale.
L'effondrement du régime Assad en décembre 2024 a radicalement changé le contexte opérationnel : des zones auparavant inaccessibles s'ouvrent aujourd'hui, mais les retours massifs de populations déplacées exposent chaque jour des milliers de civils à des risques mortels. L'absence de données de contamination consolidées à l'échelle nationale, l'insuffisance chronique de financements et le besoin urgent de développer des capacités locales constituent les défis majeurs de la réponse humanitaire de l'action contre les mines en Syrie.
Sur le terrain
NOS ÉQUIPES
EN SYRIE
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Depuis 2017, HAMAP-Humanitaire agit en Syrie pour protéger les populations du risque explosif et bâtir une capacité nationale autonome de l'action contre les mines.
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